Quelques astuces pour reconnaître un pervers narcissique

un pervers narcissique

La définition de ce qu’est un pervers narcissique est sujette à débat. Une chose est sûre : la perversion n’est pas une entité psychiatrique reconnue, et encore moins l’est le profil de pervers narcissique.

Il existe des déviances, dites « paraphilies », qui concernent la sexualité. Il existe des comportements pathologiques, comme les troubles compulsifs (obsessionnels par exemple). Il existe une infinité de troubles psychiatriques, mais aucun ne semble vraiment englober ce profil pourtant aujourd’hui très à la mode.

Le pervers narcissique est dans toutes les bouches, et de plus en plus de personnes s’en disent victimes. Alors, quelles sont les signaux d’alerte ? Pour y répondre, Audren Bouëssel du Bourg, psychologue à Quimper, nous propose quelques explications.

L’inversion accusatoire

L’inversion accusatoire est une rhétorique selon laquelle votre interlocuteur vous accuse de choses dont lui-même est coupable.

En psychologie, et plus particulièrement en psychanalyse, la perversion est décrite comme une forme de folie bien comprise, où l’individu se complaît dans le doute qu’il suscite chez l’autre. La plupart des gens sont soumis à des normes et des lois, qui peuvent provoquer un sentiment de culpabilité, un manque de confiance en soi, un interdit, une hésitation… Le pervers narcissique s’engouffrera dans les interdits que chacun se pose pour en étriller les limites et provoquer la fascination et l’effroi.

La fascination

Le pervers narcissique est résolument dépendant psychologiquement de l’autre. Bien plus que l’autre n’est dépendant de lui. C’est à travers la division qu’il suscite que lui même existe. Aussi pourra-t-on retrouver fréquemment des personnalités perverses dans les domaines artistiques.

C’est une personne qui souvent agira en lisière de la loi de la société dans laquelle il s’insère. C’est ce qui le rend d’apparence parfois séduisant : il apparaît comme un individu indépendant, libre, effrayé de rien et acteur de tout.

Et pourtant, ce n’est pas de la liberté qu’il s’agit, puisqu’il gravite toujours autour des limites de l’autre. Ce n’est pas sa liberté qui est en jeu, ce sont les limites de l’autre.

L’isolation

La relation qui s’engage avec une telle personne est très puissante. Il n’y a pas qu’une innocente victime et un coupable malicieux.

C’est parce qu’une personne agit dans la fascination qu’un pervers existe. Et ce dernier agira toujours en ce sens. C’est une logique de terre brûlée : les autres ne comprennent pas, ne peuvent pas venir en aide, et l’on peut rapidement se retrouver isolé et enlisé dans un sentiment d’impuissance.

Le mensonge

Contrairement à ce que la culture populaire avance, les pervers narcissiques ne sont pas tous intelligents.

Bûtées, bornées, d’une mauvaise foi infaillible, ces personnes ont le don de rendre fou les autres qui finissent par douter de leur propre réalité, de leur propre capacité à s’en sortir.

Conclusion

Il existe une production encyclopédique au sujet de la perversion en psychologie, même si ce terme est surtout un héritage psychanalytique car la psychiatrie a rapidement rejetté cette entité trop vague. Mais les traits évoqués ici sont des signaux souvents annonciateurs. Ce qu’il est important de retenir, c’est que dans ce genre de relation, la dite « victime » a toujours une échappatoire et donc une responsabilité.

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