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Nora Berra, Secrétaire d’Etat chargée de la Santé, inaugure une unité d’addictologie à l’hôpital René-Muret (AP-HP)

29 juin 2011

 Inaugurée ce jour par Nora Berra, Secrétaire d’Etat chargée de la Santé, l’unité d’addictologie de l’hôpital René-Muret (AP-HP) offre une prise en charge globale des différentes addictions.

 

Avec 1, 503 millions d’habitants (6ème département le plus peuplé de France), la Seine-Saint-Denis présente des taux de chômage, de précarité (nombre de bénéficiaires d’aides sociales), de déscolarisations supérieurs à la moyenne nationale. Ces prévalences élevées constituent un terrain favorable au développement de comportements addictifs, que ce soit à l’alcool, au cannabis, à l’héroïne mais aussi au jeu pathologique.

 

Historiquement, les trois hôpitaux qui composent aujourd’hui le groupe hospitalier Paris Seine-Saint-Denis disposaient d’équipes impliquées dans la prise en charge des addictions.

En 2000, une unité de coordination de tabacologie, gérée par le même praticien hospitalier (Dr. A. Borgne), est mise en place et intervient dans les trois établissements.

En 2006, anticipant  le plan gouvernemental 2007-2011 de prévention et de prise en charge des addictions, l’hôpital Jean Verdier (AP-HP) entreprend le regroupement en une seule unité fonctionnelle d’addictologie des trois secteurs d’activité (tabacologie, alcoologie, et ECIMUD). L’agrément de niveau 2 (*) du plan gouvernemental, qui signifie que l’unité regroupe les consultations et des lits d’hospitalisation dédiés au sevrage, avec une équipe multidisciplinaire de prise en charge qui comprend psychologues, éducateurs, assistantes sociales et propose des ateliers thérapeutiques, est accordé à cette activité.

Par la suite, pour répondre à la nécessité d’augmenter la capacité d’accueil de l’unité de sevrage et de créer un secteur de soins de suite et de réadaptation dans le département, l’idée de regrouper l’ensemble de la filière de soins addictologique sur le site René-Muret est proposée aux différentes instances et approuvée par l’ARS lors de la réunion du Comité Régional d’Organisation Sanitaire (CROS) en juin 2010.

 

L’unité d’addictologie de l’hôpital René-Muret (AP-HP) a accueilli ses premiers patients en janvier 2011. Dirigée par le Dr Anne Borgne, elle propose sur un même site, une filière de prise en charge complète en addictologie et accueille des patients dépendants aux produits psycho-actifs (tabac, alcool, drogues illicites, médicaments), mais aussi au jeu, au sexe, ou aux écrans sous toutes leurs formes. L’hôpital René-Muret (AP-HP) dispose d’un plateau technique de rééducation performant. Etant un peu décentré et possédant un grand parc, le site est tout à fait propice à la sérénité.

Par ailleurs, une équipe de consultation et de liaison demeure à l’hôpital Jean-Verdier (AP-HP) afin de poursuivre la prise en charge ambulatoire et celle des patients hospitalisés initiée depuis plusieurs années.

 

Une unité tournée vers l’enseignement et la recherche

L’unité d’addictologie de l’hôpital René-Muret entend également s’appuyer sur des activités de recherche et d’enseignement. Agréé niveau 2(*) du plan gouvernemental addictologie, elle élabore actuellement un dossier de demande d’agrément niveau 3(*).

En effet, les praticiens hospitaliers de l’unité d’addictologie de René-Muret sont particulièrement impliqués dans l’enseignement en addictologie tant universitaire (Capacité universitaire d’addictologie, Diplôme interuniversitaire d’addictologie (Paris VII, XI), Diplôme interuniversitaire de tabacologie (Paris V, XI), DESC d’addictologie, PCEM2, DCEM3, département de médecine générale (Paris XIII),) qu’en soins infirmiers.

En termes de recherche, l’unité d’addictologie de René-Muret a été sélectionnée comme unique établissement sanitaire pour évaluer l’influence de l’implantation d’un FibroScan® dans un centre d’addictologie sur le dépistage. Le but de cette étude est d’évaluer l’acceptabilité de cet examen, son intérêt pour le dépistage de la cirrhose auprès des usagers de drogues, actifs ou non, suivis ou non, et de créer des dynamiques entre les structures médico-sociales et l’unité d’addictologie. Le FibroScan® ouvre une nouvelle ère dans la prise en charge des malades atteints d’hépatopathie chronique et peut-être d’hépatite aiguë. L’unité sera dotée d’un appareil au cours de l’été et pourra dès septembre proposer dans le cadre d’une hospitalisation de jour un bilan somatique incluant sérologies virales, Fibroscan®, spirométrie et doppler vasculaire aux patients qui seront repérés par les structures médico-sociales. 

 

Cette  filière hospitalière et universitaire addictologique,  organisée autour d’un service d’hospitalisation, complétera l’offre de soins en Seine Saint Denis.

 

Une filière de soins complète

  • 10 lits de sevrage complexe accueillant des patients dépendants pour une durée de deux à trois semaines.
  • 16 lits de Soins de Suite et Réadaptation, à orientation somatique, pour suivre et « protéger » des patients pendant environ 4 à 6 semaines. Les patients sortent d’une phase aigüe ou difficile, et le projet social et personnel est déjà prévu pour leur sortie. Une amélioration générale de leur état de santé physique et psychique est attendue du séjour, en vue d’une réinsertion facilitée. Les patients doivent être stabilisés, hors phase aiguë tant sur le plan somatique que sur le plan psychiatrique. Ce type de prise en charge consiste en une prise en charge médico-psychologique  et sociale et un travail de réadaptation à la reprise d’une vie sociale et professionnelle.
  • 4 places en hôpital de jour : Les patients  sont accueillis entre 9h et 17h. Ils bénéficient de soins et participent à un programme thérapeutique, soit pour initier un sevrage, soit une consolidation d’abstinence, obtenue en hospitalisation, ou, en soins ambulatoires.

 

Des activités thérapeutiques

  • Implication de toute l’équipe dans l’organisation et l’animation des ateliers,
  • Orientations: sensorielle, physique, psychologique, comportementale :
  • Equithérapie, activités sportives (salle, piscine),
  • Atelier Thérapie Comportementale et Cognitive,
  • Arthérapie,
  • Sophrologie,
  • Groupe de parole (parole par l’image, trait d’union, c’est-à-dire),
  • Ateliers sensoriels (retrouver le goût, socio-esthétique),
  • Groupe accueil des familles,
  • Intervention des associations d’anciens consommateurs, alcooliques anonymes, narcotiques anonymes).

De fait, les établissements privés et les médecins libéraux sont intégrés dans le parcours de soins. L’hôpital René-Muret a signé des conventions et/ou travaille en direct avec les médecins concernés par les addictions, pour leur permettre de faciliter l’hospitalisation. Un dossier d’admission est disponible sur simple demande.

 

(*) Le plan gouvernemental de prise en charge et de prévention des addictions (2007-2011) définit trois niveaux d’offre de soins : un niveau 1 de proximité, assurant les sevrages simples ; un niveau 2 de recours, permettant des soins aigus, des hospitalisations complètes pour sevrage ou des soins complexes ; un niveau 3 de référence, qui aux missions du niveau 2 ajoute la coordination de l’enseignement, la formation et la recherche.

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« Investissements d’avenir » financés par le « grand emprunt » : trois IHU et deux projets « Prometteurs » à l’AP-HP

30 mars 2011

Le Ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur et l’Agence nationale de la recherche (ANR) viennent de rendre public les résultats de l’appel à projets « Institut Hospitalo-Universitaire » ou IHU, financés par le « grand emprunt ». Cet appel à projets a eu un effet fédérateur auprès des équipes de recherche et a suscité six candidatures auxquelles l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris a été partie prenante. Parmi les projets retenus, figurent trois IHU auxquels participe l’AP-HP : l’IHU maladies génétiques (Imagine) à Necker, l’IHU Neurosciences et l’IHU cardiologie-métabolisme et nutrition (ICAN) situés à la Pitié Salpêtrière.

Centre hospitalier universitaire de l’Ile de France, l’AP-HP assure chaque année, grâce à la compétence et au dynamisme de ses équipes, près de la moitié des publications scientifiques nationales. La recherche biomédicale constitue d’ailleurs un axe prioritaire du projet médical du  plan stratégique 2010-2014 de l’institution.
L’AP-HP a donc vocation à être fortement impliquée dans les projets portés par les universités dont elle est partenaire. C’est dans cette dynamique qu’elle a contribué à la constitution des trois entités de recherche lauréates de l’appel à projets. Elle compte également fortement s’impliquer dans la mise en œuvre de la gouvernance de ces structures, comme dans l’élaboration du modèle économique qui doit leur permettre de développer leurs projets.
L’AP-HP est d’ores et déjà partie prenante des composantes recherche de deux IHU : membre de la fondation des maladies génétiques (Fondation Imagine) et de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM), aux côtés de la Fondation IFRAD pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer.
Dans le cadre des programmes de recherche sur les pathologies qui seront portés par ces instituts, l’implication de l’AP-HP permettra l’inclusion de files actives importantes de patients et l’utilisation des ressources biologiques de l’institution. Enfin, premier centre de recherche clinique en France avec 2000 projets en cours, l’AP-HP mettra à disposition des IHU sa capacité à conduire des essais cliniques.
« La constitution de ces trois IHU est emblématique d’une volonté de rassembler de fortes activités cliniques orientées sur des thématiques très ciblées et des activités de recherche fortement articulées avec le volet hospitalier »  a souligné  Mireille Faugère, Directrice générale de l’AP-HP.
Au titre des projets « Prometteurs », portant des axes de recherche spécifiques, l’Institut Saint-Louis à l’hôpital Saint-Louis (AP-HP) et Handicap médical excellence, (HandiMedEx) à l’hôpital Raymond-Poincaré (AP-HP) ont été sélectionnés.
D’autres dossiers de très grande qualité impliquant des équipes de l’AP-HP n’ont pas été retenus dans le cadre du programme « investissements d’avenir ». Ces candidatures ont cependant démontré, elles aussi, la diversité des domaines où chercheurs et cliniciens savent conjuguer leurs expertises et leurs compétences.
L’AP-HP continuera, aux côtés des autres partenaires institutionnels, à soutenir ces initiatives d’excellence qui permettent d’amplifier et structurer les programmes de recherche et de faciliter la mise en œuvre de leurs retombées au plan clinique.

Annexe

Les IHU
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L’IHU Neurosciences translationnelles
Coordonné par l’Université Pierre et Marie Curie
Pr. Bertrand FONTAINE,
Service de Neurologie Générale  – Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière (AP-HP)
L’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM) de la Pitié –Salpêtrière (AP-HP) a pour vocation de relever les défis soulevés par les maladies neurologiques. Il bénéficie déjà d’une plateforme technique de recherche en neurosciences. L’AP-HP a mis gracieusement à la disposition de l’ICM un terrain d’une valeur de 14 M€.
L’AP-HP est également prête à jouer dans cet institut un rôle essentiel en matière de formation des professionnels de santé, notamment au travers de nouveaux métiers liés aux maladies neurologiques : éducateurs des patients, gestionnaires de handicap avec l’université Pierre et Marie Curie. Le CNRS, la fondation IFRAD et l’INSERM sont associés au projet de cet IHU.

L’IHU de cardiologie-métabolisme et nutrition  (ICAN)
Coordonné par l’Université Pierre et Marie Curie
Pr. Karine CLEMENT, Service de nutrition –
Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière (AP-HP)
Les conséquences de l’obésité, des désordres métaboliques et des maladies cardiovasculaires étroitement liés, justifient une approche intégrée des projets de recherche et de la médecine clinique.
C’est dans cet esprit qu’est né l’Institut ICAN (Institut de cardiologie-métabolisme et nutrition) de la Pitié Salpêtrière (AP-HP) qui en proposant une approche interdisciplinaire a pour but d’optimiser les soins aux patients. Ainsi, ICAN regroupe des expertises : scientifiques, cliniques, sociales, et sociétales.
L’université Pierre et Marie Curie et l’INSERM sont associés au projet de cet IHU.

L’IHU maladies génétiques
Coordonné par l’Université Paris Descartes
Pr.
Alain Fischer, Pôle Hématologie-Immunologie-Infectiologie – Hôpital Necker-Enfants Malades (AP-HP)
L’Institut des maladies génétiques (Imagine) a pour objectif de constituer un lieu unique de recherche et de soins de prévention des maladies génétiques axé sur l’amélioration de la compréhension des mécanismes physiopathologiques. L’apport de nouveaux outils diagnostics et le développement de solutions thérapeutiques innovantes, telles que la thérapie cellulaire ou la thérapie génique, font également parties de ce projet.
L’AP-HP a, d’ores et déjà, contribué en offrant un apport foncier estimé à 19 M€ sur le site de l’hôpital Necker-Enfants malades. Il permettra de construire un bâtiment, dont elle assure la maîtrise d’ouvrage.
Aux côtés de la Fondation Imagine, la ville de Paris, la région île de France ainsi que des opérateurs privés tels que l’AFM, la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, l’INSERM, l’Université Paris Descartes, sont également partenaires.

Les projets « Prometteurs »
_________________________________________________________________________________

Institut Saint-Louis
Coordonné par l’Université Paris-Diderot
Pr. François SIGAUX, Institut universitaire d’hématologie – Hôpital Saint-Louis
(AP-HP)
L’hématologie est une discipline mixte, phare de l’innovation médicale, irriguant les progrès en cancérologie, en pathologies vasculaires et inflammatoires. C’est une discipline qui a fait l’objet de premières médicales majeures en matière de traitements individualisés et de greffe de moelle. Les besoins de santé sont en expansion avec des défis liés au vieillissement. En effet, il existe une forte incidence des hémopathies chez les sujets âgés.

Handicap médical excellence, (HandiMedEx) à Raymond-Poincaré
Coordonné par l’Université Versailles-Saint-Quentin et l’hôpital Raymond Poincaré
Pr. Frédéric LOFASO, Service des explorations fonctionnelles  – Hôpital
Raymond Poincaré (AP-HP)
L’objectif est de rassembler dans un centre d’excellence européen des chercheurs spécialisés dans le domaine du handicap moteur et neurologique. Les différents thèmes traités dans ce projet touchent toutes les complications médicales qui affectent les patients handicapés (dysfonctions urinaires, respiratoires, sexuelles ; maladies musculaires ; complications nutritionnelles et métaboliques ; douleurs…). L’hôpital Raymond Poincaré est le plus grand centre médico-chirurgical en France prenant en charge l’évaluation, la rééducation et le soin des patients adultes et des enfants handicapés.

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Un nouveau directeur des ressources humaines à l’AP-HP

28 mars 2011

Mireille Faugère, Directrice générale de l’AP-HP, vient de nommer Monsieur Christian Poimboeuf, Directeur des ressources humaines de l’AP-HP.

Christian Poimboeuf, actuellement Directeur des ressources humaines au sein du CHU de Rennes, prendra ses nouvelles fonctions le 18 avril prochain. Il succède à Monique Ricomes, qui occupe depuis janvier 2011 le poste de Secrétaire générale de l’AP-HP, l’intérim étant assuré par Alain Burdet depuis cette date.

Né en 1955, directeur d’hôpital, Christian Poimboeuf a exercé en qualité de Directeur des ressources humaines au centre hospitalier de Melun (77) d’avril 1991 à décembre 1993, au centre hospitalier de la Tour Blanche d’Issoudun (36) en qualité de chef d’établissement de janvier 1994 à septembre 1997. Il a été Directeur général de la Mutualité Française d’Ille et Vilaine d’octobre 1997 à septembre 2007, et consultant au sein d’un cabinet conseil de novembre 2007 à mai 2008. Il exerce la fonction de Trésorier de l’Association des DRH des établissements sanitaires et sociaux (ADRHESS).

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Première mondiale dans la chirurgie du cancer broncho-pulmonaire à l’Hôpital Avicenne (AP-HP)

03 mars 2011

Une équipe française de l’AP-HP réalise avec succès la greffe d’une bronche artificielle pour éviter une ablation complète du poumon

A l’hôpital Avicenne (AP-HP), l’équipe du Pr. Emmanuel Martinod (Chirurgie Thoracique et Vasculaire, Pôle Hémato-Onco-Thorax) a réalisé une première mondiale en greffant une bronche artificielle chez un patient atteint de cancer du poumon. Cette innovation chirurgicale a permis non seulement d’ôter la lésion cancéreuse avec des marges de sécurité plus importantes mais aussi d’éviter l’ablation complète prévue du poumon, intervention comportant un très haut risque de mortalité postopératoire. Un exploit qui ouvre des perspectives thérapeutiques inédites, alors que le cancer broncho-pulmonaire est le plus meurtrier des cancers. Le cas de ce patient et son suivi sur une période d’un an viennent de faire l’objet d’une récente publication dans la revue internationale de référence : The Annals of Thoracic Surgery.

Cancer broncho-pulmonaire : une problématique clinique délicate

Actuellement, la chirurgie est le meilleur traitement des formes précoces non-métastatiques du cancer broncho-pulmonaire. Si la tumeur se situe en périphérie du poumon, la chirurgie va consister en une lobectomie, soit une résection partielle du poumon. La mortalité postopératoire est faible avec un taux de 2 % à 90 jours. Si la tumeur est plus centrale, la chirurgie peut nécessiter une pneumonectomie, soit une ablation complète du poumon. La mortalité postopératoire est alors plus élevée, jusqu’à 26 % à 90 jours dans certaines séries internationales. Il s’agit de la chirurgie la plus risquée, toutes spécialités confondues. La pneumonectomie pose également des problèmes à long terme, car, s’il est possible de vivre avec un seul poumon, les retentissements sur les fonctions respiratoires et cardiaques en font une maladie à part entière.

Conserver un lobe : une alternative à la pneumonectomie mais dans moins d’1% des cas

Pour palier à ces complications, les chirurgiens tentent parfois de conserver au moins un lobe pulmonaire (le poumon droit se compose de trois lobes et le gauche de deux lobes). La technique, appelée résection anastomose-bronchique, consiste à raccorder la partie de bronche saine depuis la trachée à une portion de bronche conservée au niveau du lobe pulmonaire. Cette chirurgie est réalisée dans moins de 1 % des cas, avec un taux qui stagne depuis 50 ans car elle pose des problèmes techniques évidents : si les portions de bronche conservées sont trop courtes, les tensions sont trop fortes lors du raccordement. De plus, si la section est trop proche du site de la tumeur, les risques de récidive précoce sont très élevés.

Greffes totales de trachée et de bronche : des échecs successifs

Les travaux expérimentaux ont été réalisés dans le laboratoire du Pr. Alain Carpentier, président de l’Académie des Sciences. L’équipe du Pr. Emmanuel Martinod travaille sur les greffes de trachée et de bronches depuis une dizaine d’années. Les premières tentatives ont été réalisées avec des prothèses, selon des procédures semblables à la chirurgie des vaisseaux. Malheureusement, cette technique a posé des problèmes de compatibilité avec les tissus biologiques et conduit à des infections. Des tentatives de greffe totale de bronches ou de trachée ont ensuite été effectuées mais des rejets importants sont survenus car ces tissus sont très « immunogènes ».

Utilisation de tissu aortique : un exploit technique

Au cours de ses recherches, l’équipe du Pr. Martinod en est venue à utiliser du tissu artériel provenant d’aorte pour constituer une « matrice » qui conserve seulement une architecture tubulaire. Il a été montré que les cellules bronchiques colonisaient cette matrice pour reconstituer du tissu bronchique avec ses caractéristiques de surface et de rigidité. Le tissu bronchique se compose en effet d’un épithélium constitué de cellules ciliées (qui permettent de retenir et évacuer les particules inhalées) et d’une structure cartilagineuse plus en profondeur qui assure la rigidité de la bronche. L’étude réalisée dans le Laboratoire de Recherches Biochirurgicales, Fondation Alain Carpentier, Université Paris Descartes par le Pr E. Martinod, le Dr A. Seguin, le Dr D. Radu et le Dr G. Boddaert a consisté en plus d’une centaine d’opérations sur un modèle expérimental. Les premières greffes ont été pratiquées avec du tissu aortique prélevé sur le receveur de la greffe (autogreffe), mais il est apparu que les conduits aortiques disponibles en banque de tissus pouvaient aussi être utilisés, ne présentant aucun problème de compatibilité. Ces tissus sont à l’origine stockés et cryopréservés pour une utilisation en chirurgie vasculaire.

« L’épithélium de la bronche repousse à l’intérieur de la matrice du greffon, et l’organisme est à l’origine des cellules qui permettent de re-fabriquer du cartilage, explique le Pr. Emmanuel Martinod.

La réparation est complète sur le tissu épithélial, avec une recolonisation qui s’opère depuis les berges des deux portions de bronches raccordées. Plus inattendue, la reconstitution de cartilage provient des cellules souches de l’individu qui migrent sur le site de la greffe, attirées par des phénomènes inflammatoires. »

a=cancer central, b=pneumonectomie, c=résection-anastomose, d=greffe d’une bronche artificielle

Première mondiale chez un patient de 78 ans : un succès

Il faut savoir que les risques associés à l’ablation complète du poumon sont plus élevés dans trois cas : chez un patient âgé de plus de 70 ans, dans le cas d’une intervention du côté droit, et lorsque le patient a subi un traitement préalable par radio ou chimiothérapie.

Or un patient de 78 ans qui cumulait les trois facteurs de risque aggravé, et ne souhaitait prendre le risque d’une pneumonectomie, a été opéré le 28 octobre 2009 avec succès par le Pr. E. Martinod et son équipe à l’Hôpital Avicenne (AP-HP), Pôle Hémato-Onco-Thorax (Pr. D. Valeyre), Université Paris 13. Le tissu greffé a été renforcé avec la mise en place d’une structure métallique interne ou « stent » pour assurer la rigidité initiale du greffon. L’observation a montré une amélioration notable des suites postopératoires. « Ce patient a fait une poussée d’insuffisance cardiaque avec retentissement pulmonaire mais a pu être pris en charge de manière beaucoup plus efficace en raison de sa réserve respiratoire », précise le Pr. Martinod.

Des perspectives thérapeutiques inédites : à confirmer

« Nous pensons avoir trouvé la matrice idéale, explique Emmanuel Martinod, mais il faut rester très prudent. Nous lançons une étude sur 20 à 30 patients, pilotée par la Direction de la Recherche Clinique et du Développement de l’AP-HP. Cette étude analysera la mortalité et les complications à 90 jours. Elle nous permettra également de répondre à deux questions essentielles: le greffon va-t-il se transformer en néo-bronche comme lors de la phase expérimentale ? Va-t-on pouvoir retirer les stents chez ces patients, en récupérant une rigidité naturelle suffisante ? »

Le concept consiste finalement à utiliser, en les « guidant », les processus de guérison naturelle de l’organisme. D’autres techniques sont explorées à ce jour mais la greffe de tissu aortique présente l’intérêt majeur de ne pas nécessiter l’utilisation de médicaments immunosuppresseurs (anti-rejet) qui sont contre-indiqués dans les cancers car ils affaiblissent les capacités de défense de l’organisme.

Cette innovation chirurgicale a été réalisée après plus de 10 années de recherche dans le Laboratoire de Recherche Biochirurgicale, Fondation Alain Carpentier, Université Paris Descartes (Pr. A. Carpentier, Pr. P. Menasché) par l’équipe du Pr. E. Martinod (Dr. A. Seguin, Dr. DM. Radu, Dr. MD Destable, Dr. G. Boddaert) du Pôle Hémato-Onco-Thorax (Pr. D. Valeyre), Hôpital Avicenne, CHU Paris Seine-Saint-Denis, Université Paris 13 en collaboration avec les services d’oncologie (Dr K. Chouahnia), d’Anesthésie-Réanimation (Pr. C. Baillard, Pr. S. Beloucif), de Gériatrie (Dr G Sebbane), de Radiologie (Pr. PY Brillet, Pr. M. Brauner) et de la banque des tissus, EFS Ile de France (Dr. A. Fialaire-Legendre).

* Source

Human Transplantation of a Biologic Airway Substitute in Conservative Lung Cancer Surgery. Martinod E, Radu DM, Chouahnia K, Seguin A, Fialaire-Legendre A, Brillet PY, Destable MD, Sebbane G, Beloucif S, Valeyre D, Baillard C, Carpentier A. Annals of Thoracic Surgery 2011 ;91 :837-42.

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Première naissance en France d’un « bébé du double espoir » à l’hôpital Antoine Béclère (AP-HP)

08 février 2011

Le diagnostic génétique pré-implantatoire a permis, pour cette famille dont les deux premiers enfants sont atteints d’une maladie génétique grave et invalidante (beta-thalassémie), d’obtenir la naissance d’un enfant sain ayant un groupe tissulaire compatible (HLA). Son sang de cordon a été conservé afin d’être greffé dans un proche avenir à l’un des aînés malade.

Umut-Talha qui signifie en turc « notre espoir », enfant de sexe masculin pesant 3 650g, est né le 26 janvier 2011 à l’hôpital Antoine Béclère (AP-HP). Il est aujourd’hui en très bonne santé.

La loi de bioéthique de 2004 et le décret 2006 autorisent cette pratique après accord de l’Agence de Biomédecine. Sept transferts DPI et recherche du groupe HLA ont eu lieu dans le cadre de la collaboration Béclère-Necker (seul des 3 centres français à prendre en charge cette situation), donnant 3 grossesses et cette première naissance HLA compatible.

Cette naissance est le fruit de la collaboration des équipes médicales et biologiques de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris : celles de l’hôpital Necker (Pr A. Munnich, et Dr J. Stephann, Dr N. Gigarel, Dr Ph. Burlet, Dr J.P. Bonnefond et Pr M. Vekemans) et celles de l’hôpital Antoine Béclère (Dr N. Achour-Frydman, Dr L. Hesters, Dr F. Lamazou, Mme V. Kerbrat et Pr R. Fanchin), au sein des Universités Paris Descartes (Paris V) et Paris Sud (Paris XI).

Une conférence de Presse a été organisée par les Prs A. MUNNICH et R. FRYDMAN et leurs équipes le mardi 8 février à l’hôpital Antoine Béclère (AP-HP) à Clamart.

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Première intervention endovasculaire cérébrale réalisée sur un nouveau-né de très petit poids (Hôpital Bicêtre, AP-HP)

27 janvier 2011

Les équipes du service de neuroradiologie du Professeur Denis DUCREUX et du service de réanimation pédiatrique et néonatale du Professeur Denis DEVICTOR de l’hôpital Bicêtre (AP-HP) ont récemment opéré un nouveau-né prématuré de 2,080 kg atteint d’une malformation artério-veineuse. Il s‘agit de la première intervention de ce type réalisée sur un nouveau-né de très petit poids.

Le Docteur Guillaume SALIOU, responsable de l’unité de Neuroradiologie interventionnelle au sein du service de Neuroradiologie du Professeur DUCREUX, a pris en charge début novembre un nouveau-né prématuré originaire d’Autriche à trois jours de vie, souffrant d’une malformation artério-veineuse grave de la veine de Galien engageant son pronostic vital à court terme.

Les malformations de la veine de Galien sont les plus fréquentes des malformations artério-veineuses cérébrales de l’enfant. Environ 30 % d’entre elles sont dépistées in utero au cours de l’échographie de second ou troisième trimestre. En dehors d’une gêne au développement cérébral, cette malformation peut générer une insuffisance cardiaque les jours suivant la naissance, engageant à très court terme le pronostic vital. Les nourrissons atteints par cette pathologie doivent être opérés rapidement après leur naissance pour traiter leur insuffisance cardiaque et leur permettre de retrouver des conditions de vies normales. Depuis dix ans, près d’une quarantaine de nouveaux-nés ont été pris en charge pour cette malformation à l’hôpital Bicêtre (AP-HP), centre de référence pour les pathologies malformatives neurovasculaires pédiatriques. Plus de la moitié ont pu être embolisés dans le premier mois de vie mais ce type d’intervention n’avait encore jamais été pratiqué sur un nouveau-né de si petit poids. Ce très faible poids augmente la complexité de l’opération, dans la mesure où les artères, à cet âge, mesurent  parfois moins d’un millimètre.

Trois mois plus tard, le nouveau-né se porte bien. Jusqu’à récemment, les nouveaux-nés de très petit poids étaient exclus des ressources thérapeutiques médicales. La réussite de cette intervention ouvre la perspective de pouvoir désormais prendre en charge ces malades en leur proposant un traitement.

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Facturation des chambres individuelles demandées par le patient à l’AP-HP : mise en place d’une expérimentation

19 janvier 2011

La direction générale de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) a informé les membres du Conseil de surveillance réunis le 19 janvier 2011 du lancement de l’expérimentation de la facturation des chambres individuelles déjà mise en œuvre dans la plupart des centres hospitaliers universitaires et hôpitaux généraux.

En effet, la réglementation (code de santé publique et code de la sécurité sociale) ouvre la possibilité aux établissements publics de santé de mettre en place un régime particulier. Celui-ci prévoit une facturation de la chambre individuelle pour les patients qui font explicitement la demande de pouvoir bénéficier de cette prestation. Ces dispositions ne s’appliquent évidemment pas aux patients nécessitant une hospitalisation en chambre individuelle pour raisons médicales.

Dans le cadre de l’expérimentation engagée par l’AP-HP en concertation avec les représentants des usagers, le libre choix du patient pourra s’exercer, selon les places disponibles, moyennant un tarif journalier de 45 €. Ce tarif se situe dans la fourchette inférieure des prix pratiqués par les autres établissements et compatible avec le niveau de remboursement de la très grande majorité des mutuelles.

Le choix de la chambre particulière sera effectué en toute liberté et en toute transparence par le patient et son choix accompagné par des procédures claires visant notamment à s’assurer de la bonne compréhension de son incidence pécuniaire.

L’expérimentation que l’AP-HP va  engager à partir du 1er février dans cinq de ses hôpitaux (au sud à Pitié-Salpêtrière, au nord à Bichat, Beaujon et Bretonneau ainsi que dans le 93 à Avicenne) doit lui permettre d’évaluer concrètement l’impact de ce dispositif pour ses patients avant d’envisager sa généralisation.

Les recettes de la facturation de la chambre individuelle permettront notamment une amélioration du confort hôtelier des patients et du cadre d’exercice  professionnel de ceux qui les soignent.

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Fin de la grève du personnel de l’hôpital Tenon

16 décembre 2010

La grève conduite depuis le 4 octobre par une intersyndicale CFDT, CGT et Sud Santé a été suspendue le jeudi 16 décembre 2010 à l’issue de la dernière réunion de négociations associant la Direction du groupe hospitalier et les organisations syndicales. Pour autant, aucun  protocole d’accord n’a pu être signé.

Considérant que le plan d’action élaboré en concertation avec les organisations syndicales et les équipes répond aux difficultés d’attractivité, de fidélisation des personnels et d’amélioration des conditions de travail indispensables au bon fonctionnement de l’hôpital, la Direction s’engage dans sa mise en œuvre.

Cet engagement porte sur le renforcement du plan de recrutement à hauteur de 59 infirmières et 33 aides soignants. Le recrutement de 10 infirmières issues de l’Union Européenne accompagné d’un dispositif adapté d’intégration et de formation vient le compléter. Lire la suite

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Groupes hospitaliers : Comité Technique d’Etablissement (CTE) extraordinaire

10 décembre 2010

La directrice générale de l’AP-HP, Mireille Faugère, a présidé ce 6 décembre un Comité Technique d’Etablissement (CTE) central extraordinaire sur les Groupes Hospitaliers.

Cette réunion, sollicitée le 22 novembre dernier par les organisations syndicales, visait à effectuer un point d’étape de la mise en place des groupes hospitaliers (cf communiqué du 22/11).

La Directrice générale a rappelé que l’AP-HP avait engagé le processus de réorganisation de son offre de soins en 12 groupes hospitaliers (GH) en juillet 2009, après délibération du Conseil d’Administration,  et que les  G.H. étaient aujourd’hui en place, adossés à la gouvernance de l’AP-HP. Elle a souhaité distinguer la question de l’organisation administrative mise en œuvre, de la recomposition ultérieure –dans une logique médicale- que permettront les GH pour développer une prise en charge renforcée grâce à un meilleur ancrage territorial.

« La mise en place des GH est un des leviers pour faire évoluer les responsabilités et mieux relever les défis auxquels l’AP-HP doit faire face comme tous les acteurs du système de santé. 2011 sera une année de construction et d’ajustement des organisations» a-t-elle déclaré.

Soulignant qu’elle comprenait les inquiétudes exprimées par les organisations syndicales concernant  l’organisation du dialogue social aux différents niveaux de responsabilité qui résultaient de cette nouvelle organisation, Mireille Faugère a précisé que d’ici le renouvellement des instances, à l’automne 2011, elle s’engageait à ce que des bilans d’étape trimestriels de la mise en place des groupes soient réalisés en CTEC.

Parallèlement, la période transitoire sera mise à profit pour déterminer les niveaux de responsabilités et de déconcentration les mieux adaptés entre le siège, les GH et les sites pour accompagner la nouvelle gouvernance de l’institution.

Enfin, la directrice générale a annoncé qu’elle s’exprimerait mi-décembre sur les orientations qu’elle  entend mettre en œuvre pour accompagner la transformation de l’AP-HP.

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Groupes hospitaliers : un Comité Technique d’Etablissement (CTE) extraordinaire prévu à l’AP-HP le 6 décembre

22 novembre 2010

Arrivée depuis deux mois à l’AP-HP, la directrice générale, Mireille Faugère, présidera le 6 décembre prochain un Comité Technique d’Etablissement (CTE) central extraordinaire sur les Groupes Hospitaliers. Cette décision a été prise à l’issue du CTE qui n’a pu se tenir ce jour et se trouve reporté au 29 novembre.

Une première rencontre aura lieu avec l’intersyndicale dès le 2 décembre pour entamer les discussions sur l’agenda social, dont les thèmes ont été fixés au mois de septembre dernier. Cette rencontre fait suite aux rendez-vous organisés par la directrice générale avec chaque organisation syndicale au cours du mois d’octobre dernier. Lire la suite

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